• C'était en 1937

    dans une jolie maisonnette

    qu'habitaient deux fillettes,

    l'une s'appelait Ginette,

    l'autre Bernadette.

    Elles étaient mignonnettes

    fragiles et sveltes

    avec leurs chaussettes

    décorées de bandelettes

    roses, blanches, violettes,

    avec leurs légères sandalettes

    faisant un bruit de claquettes.

    Habillées d'une jolie jupette,

                      elles parcouraient, à bicyclettesle son "ette"

      les chemins à l'aveuglette.

    Leur mère se nommait Paulette,

    elle avait les yeux noisette

    et sur le nez des lunettes.

    Des idées plein la tête

    elles en avaient, certes !

    elles chantaient à tue-tête,

    avec leur sœur cadette

    jouant de la clarinette

    en tant que majorette.

    Elle s'appelait Lucette,

    fini le temps des sucettes,

    les bouquets de pâquerettes,

    les tours à trottinette

    ou bien dans la vieille brouette,

    chez leur tante Odette

    élégante et très coquette,

    elles peaufinaient leurs toilettes.

    Elles déguster des tartiflettes

    accompagnées de coquillettes,

    à grands coups de fourchettes

    ou dévoraient les rillettes          le son "ette"

    avant les fameuses  tartelettes.

    Comme quelque chose d'obsolète

    le cri strident des mouettes

    ou bien celui de l'avocette

    semblait répondre à la belette,

    peut-être à la mouflette ?

    Laquelle de ces deux bêtes ?

    Mais quand arriva la tempête,

    leur grand-mère Antoinette

    courut, glissa sur une savonnette

    et se fracassa la tête

    contre la vieille charrette.

    Alors retentit la clochette

    et sainte sœur Lisette

    se mit à jouer de l'épinette.

    Non! ce n'était pas la fête !

    mais la fin de l'historiette

    où se croisent les mots en "ette".

     

    (écrit en juillet 2015)

     

     

     


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  • Me promenant sous mon ombrelle

    j'aperçus toute une ribambelle

    de jolies petites coccinelles.

    Elles voyageaient de Bruxelle

    à Paris, à Lyon, à Lunel,

    sans emprunter le moindre tunnel.

    Venaient-elles des îles Seychelles ?

    ou du pays des gazelles ?

    En tout cas, sous ma tonnelle

    je voyais la grande Tour Eiffel,

    et j'admirais ces caravelles

    qui brillaient d'étincelles

    dans cet immense ciel bleu.

    De temps en temps, un vol d'hirondelles,

    arrivant peut-être du Mont Saint-Michel,

    survolaient mon carré de citronnelle,

    picoraient avec plaisir mes mirabelles,

    effleurant au passages, les nigelles

    et faisant tomber les airelles.

    Elles étaient fines et belles

    avec leur tête couleur caramel,

    déployant leurs ailes dans ce bleu pastel.

    En dessous d'elles,

    attendaient d'être vidées, les poubelles.

    Elles survolaient le tracé de la marelle

    où sautait le p'tit Marcel

    avec son amie Annabelle.

    Et moi, sous mon ombrelle

    j'aperçus, grimpant, agile la sittelle.

    Tandis qu'à mes pieds, Belle

    dormait d'un œil près de sa gamelle.

    Appréciait-elle cette musique sérielle ?

    Ecoutait-elle la tourterelle ?

    En tout cas, sous ma tonnelle

    je dégustais des turritelles

    accompagnées de tagliatelles.

    Qui était cette belle demoiselle ?

    Etait-elle immortelle ?

    Est-ce une vision virtuelle ?

    Ou une échappée d'une tombelle ?

    Je ne vis que la p'tite chapelle

    au loin, dans le flou des étincelles.

    Mais près du puits, la margelle

    avait été déplacée et des bretelles

    gisaient dans le champ de morelle.

    A proximité traînait deux faisselles

    laissant des traces éventuelles,

    et des bouts de ficelle

    qu'avait oublié le Père Michel,

    ses doigts enserraient son missel.

    Aurait-il perdu son teckel ?

    Et moi, sous mon ombrelle

    j'appréciais ce morceau de violoncelle

    en observant la cicindèle

    parader avec la chrysomèle,

    tandis que dans l'eau qui ruisselle,

    nage, tranquille, la civelle.

     

    (ma "cervelle" vient de tomber dans la "gamelle" de Belle)

    (écrit en août 2015)        le son "elle"le son "elle"

     

     

     


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  •  

    J'aime rêver et je vagabonde

    autour de cette mappemonde

    qui dessine la terre bien ronde.

    Je reçois comme une onde

    venue de la voûte céleste profonde.

    Dans ma tête un match de ping-pong

    se dispute alors, je savoure une blonde

    au comptoir de chez Rosemonde.

     

    Etant dans une sacrée galère

    je ne peux plus me défaire

    de ces satanées bières.

    C'est alors que je vitupère

    contre ces sales mégères

    qui à la longue me file un ulcère

    tellement qu'elles m'exaspèrent.

     

    Je n'étais plus qu'un traîne-misère

    égaré dans un champ de primevères

    et de rose-trémières.

    Mes pieds s'empêtraient dans une roncière

    et plus loin, j'atterrissais dans une tourbière.

    En me penchant, j'aperçus quelques rotifères

    dans le bras de la petite rivière.

    Qu'y a-t-il dans cette atmosphère ?

    Une pollution passagère ?

    Ou des plantes melifères ?

     

    Je réajuste correctement ma marinière

    me rappelant les bonnes manières

    étant d'un autre monde.

     

    Je brisas ma mappemonde

    étant dans une sacrée galère.

     

    (écrit en octobre 2015)

     

     


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  • le son "ace" "asse"

     

    Elles étaient pleines de crasse

    ces pauvres vieilles godasses

    d'une teinte couleur violace.

    Elles venaient d'Alsace

    en traînant leurs carcasses,

    en se heurtant à des impasses,

    elles rencontraient des bidasses,

    très loquaces,

    croisaient le vieux Boniface

    avec son jeune chien Ignace.

    Elles foulaient l'herbe grasse

    sans aucune grâce

    en bousculant des carapaces,

    en écrasant des limaces.

    Elles étaient bien coriaces

    ces pauvres vieilles godasses

    elles faisaient la grimace

    lorsqu'un méchant volte-face

    les projetait sur cette surface

    où le sol gèle et verglace,

    en arrivant à Annemasse.

    Il ne fallait pas les traiter de molasses

    même si, sur une terrasse

    où traînait un jus d'ananas,

    elles se reposaient près d'une contrebasse.

    Apparut soudain sieur Jonas

    avec sa belle qui l'enlace.

    Il sourit en voyant ces pauvres godasses,

    lui qui toujours se débarrasse

    de ses vieilles carcasses !

    Sans attendre de menaces

    elles préfèrent quitter cette place

    où bien des gens se prélassent.

    Toujours pleines de crasse

    elles arrivent à Grasse

    face à un beau palace.

    Là, c'était une autre classe !

     

    Mais comment ôter toute cette crasse

    sur de telles vieilles godasses

    sans salir la belle paillasse ?

     

    (écrit en septembre 2015)

     

     

     


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  •  

    les mots

    Sans le vouloir

    je venais de m'asseoir

    sur le trottoir,

    près d'un vieux manoir.

     

    D'un air jubilatoire,

    je sortis mon grimoire

    et jusqu'au soir

    je notais des mots noirs.

     

    Je gribouillais plein de mots

    courts, longs, laids ou beaux,

    intelligents ou sots,

    au crayon et au stylo.

     

    Je mélangeais ces mots

    les imaginais en photos,

    les mis tous en tas

    et ensuite les secouas.

     

    Bien triés, il en sortit

    peu à peu, une poésie

    me laissant bercer à la rêverie

    j'écrivis jusqu'à la nuit.

     

    Les mots formaient des rimes

    c'était plus sublime

    que toutes ces pantomimes

    qui font oublier la déprime.

     

    (écrit en octobre 2015)

     

     

     


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